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Tu as tout réussi. Et tu es vide.

19 mai
2 min de lecture
Image générée par l'IA.

Lumière chaude à travers les vitraux.

Poutres apparentes.

Relais Louis XIII.

Rolex au poignet.

Verre de cognac qui tourne lentement entre tes doigts.

Tu souris.


En face de toi, ce cinglé.

Ce fou qui ne te vend rien.

Pas de business model.

Pas de framework.

Pas de méthode à 9 999 €.

Juste des coups de scalpel en direct, les yeux dans les yeux.


Toi, le boomer qui a tout gagné.

Bureau le plus haut de la Défense.

Board aligné.

Résultats blindés.

Conférences à guichet fermé.

Holacratie mise en place.

Tout est coché.

Tu as gagné.

Et pourtant…


Tes jambes se crispent sous la table.

Ta gorge se serre comme un étau.

Un ballon de plomb gonfle dans ta poitrine.

Ton cœur cogne lourd.

Une sueur froide glisse le long de ta colonne tandis que tu continues à sourire poliment.


Le vide est là.

Plus grand que jamais.


Tu as simplement échangé l’ancien costume du leader épuisé contre le nouveau costume du leader éveillé.

Même comédie.

Meilleurs tissus.

Meilleure lumière.

Même résistance.


À chaque victoire, le trou s’agrandit.

À chaque cognac, à chaque château, à chaque post qui cartonne, le silence devient plus lourd.

La peur plus viscérale.


Tout le monde t’admire comme celui qui a enfin « réussi ».

Ton ego est au sommet.

Ton CV est irréprochable.


Et le Vivant transperce ton dernier masque.

Le plus beau.

Le plus sophistiqué.

Le plus dangereux.


Tous tes apparats, même les plus luxueux, ne te protègent de rien.

Ni du Vivant.

Ni du Chaos qui peut tout emporter en une seconde.


Même ici, devant ce cinglé qui ne te juge pas, tu continues à jouer.

À prononcer les bons mots.

À sourire. Amer.


Le vide n'est pas un échec.

C'est l'espace exact qui laisse le Vivant te défoncer.

Terrifiant et magnifique.


Et dans ce vide même, une chaleur vive, presque sanglante, monte doucement du fond de tes tripes et commence à circuler dans tes veines. Le Vivant ne te vide plus. Il commence à te remplir.


Alors je te repose la même question que je t’ai posée hier, entre deux gorgées de cognac :


Combien de temps vas-tu encore faire semblant que tout va bien…

alors que tu sais, au plus profond de tes tripes, que tu as tout réussi… et que tu n’as jamais été aussi vide ?

 
 
 

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